Mis à jour le 17 juin 2026
Bien que le parcours pour devenir pilote exige généralement un investissement important au départ, la demande reste élevée : environ 45 500 pilotes sont nécessaires dans le monde en 2026. Cette situation continue de faire de la profession l’un des choix de carrière les plus attractifs, avec de nouvelles opportunités d’emploi et une hausse constante du salaire pilote de ligne.
Alors que 2026 entre dans sa seconde moitié, examinons les niveaux de rémunération des copilotes (FO) en Europe ainsi qu’un aperçu rapide de la situation dans le reste du monde.
Facteurs influençant le salaire pilote de ligne en Europe
Il est important de souligner que le salaire pilote de ligne en Europe – comme ailleurs dans le monde – dépend de nombreux facteurs.
Type de compagnie aérienne
Les compagnies traditionnelles (Air France, Lufthansa, Iberia et autres) proposent généralement des salaires de base plus élevés ainsi que des avantages sociaux plus attractifs que les compagnies régionales ou low-cost.
Cependant, en 2026, plusieurs grandes compagnies low-cost ont sensiblement augmenté les rémunérations des copilotes et des commandants de bord, notamment grâce à des primes de performance et à des parcours de promotion accélérés.
Les opérateurs spécialisés dans le fret ou les vols charter appliquent souvent des modèles de rémunération différents (davantage d’heures de vol, rémunération variable basée sur le temps de service), mais leurs packages peuvent également être compétitifs face à ceux des compagnies de transport de passagers.
Type d’avion
Les pilotes opérant des appareils plus grands et plus complexes, comme le Boeing 747, perçoivent généralement des rémunérations supérieures à celles des pilotes volant sur Boeing 737 ou Airbus A320. Cette différence reflète les responsabilités et les compétences supplémentaires exigées par ces avions.
Ancienneté et expérience
Il existe un écart significatif entre un copilote récemment recruté et un commandant de bord expérimenté. L’ancienneté, le nombre total d’heures de vol, la fonction occupée (FO, commandant, instructeur ou examinateur de ligne) ainsi que le type d’exploitation (court-courrier ou long-courrier) influencent directement le niveau de rémunération.
Pays et base d’affectation
Le salaire pilote de ligne dépend fortement du pays d’emploi ainsi que de la base d’affectation, tant en valeur brute qu’en revenu net après impôts.
Quel est le salaire des pilotes de ligne en Europe ?
Pour obtenir une vision plus précise du salaire pilote de ligne en Europe en 2026, nous nous concentrons sur quatre marchés clés : la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne. Nous avons analysé les salaires moyens, les fourchettes salariales et les médianes estimées pour les copilotes afin d’établir une estimation réaliste des revenus potentiels.
Recherche
Il est important de noter qu’aucune base de données publique unique ne couvre uniformément l’ensemble des compagnies aériennes européennes. Certaines sont très transparentes tandis que d’autres publient peu d’informations exploitables.
Les chiffres ont été recoupés à partir de différentes sources, notamment Glassdoor, Airmappr, PilotJobsNetwork, SalaryExpert et plusieurs portails spécialisés de carrières aéronautiques nationaux. Les données présentées doivent donc être considérées comme des indicateurs représentatifs des tendances observées en 2026 plutôt que comme des valeurs absolues.
Salaires des copilotes en France
Le marché aérien français s’appuie sur l’une des compagnies nationales les plus puissantes d’Europe, exploitant à la fois un réseau traditionnel complet et une filiale low-cost en forte croissance. Cette structure duale influence fortement le niveau du salaire pilote de ligne pour les copilotes. Les compagnies low-cost indépendantes présentes en France représentent une part plus limitée de l’emploi pilote que dans des pays comme l’Espagne ou l’Italie.
Chiffres 2026 des salaires copilotes en France (brut annuel)
Métrique | 2026 | vs 2025 |
|---|---|---|
Moyenne | ~59,000-63,000 | +7-9% |
Minimum | ~38,000-42,000 | +5-7% |
Maximum | ~165,000-170,000 | +14-17% |
Médiane | ~57,000-63,000 | +7-9% |
Au sommet de l’échelle salariale, la compagnie nationale traditionnelle rémunère ses copilotes entre 70 000 € et 170 000 € bruts par an. Un copilote débutant commence généralement entre 70 000 € et 90 000 €, tandis que les profils les plus expérimentés atteignent 140 000 € à 170 000 €, grâce à un système combinant salaire fixe lié à l’ancienneté et primes variables de vol.

Les opérations low-cost soutenues par des groupes traditionnels occupent une position intermédiaire. Les volumes de vol annuels élevés (plus de 900 heures contre environ 700 sur le réseau principal) augmentent la rémunération variable, réduisant l’écart avec la compagnie nationale pour les copilotes les plus expérimentés.
À l’autre extrémité du marché, les copilotes des compagnies low-cost indépendantes basés en France gagnent entre 38 000 € et 65 000 €, ce qui explique pourquoi la moyenne nationale reste nettement inférieure aux niveaux de rémunération de la compagnie nationale.
L’ensemble du marché est également influencé par une importante vague de départs à la retraite chez les pilotes, renforçant le pouvoir de négociation des salariés. Cet effet est toutefois partiellement compensé par le triplement de la taxe de solidarité aérienne française début 2025, qui a réduit les marges des compagnies et ralenti la progression salariale sur le segment inférieur du marché.
Salaires des copilotes en Allemagne
Le marché allemand traverse actuellement une phase de transformation structurelle qui en fait le plus fragmenté des quatre pays étudiés.
Le principal groupe aérien exploite plusieurs compagnies sous une même structure : une compagnie traditionnelle, une compagnie low-cost et différentes filiales à coûts réduits, chacune disposant de contrats et de grilles salariales distincts. À cela s’ajoutent plusieurs compagnies de loisirs et charter qui occupent le segment intermédiaire du marché.
Résultat : deux pilotes utilisant le même avion depuis le même aéroport peuvent percevoir des rémunérations très différentes selon leur employeur.
Chiffres 2026 des salaires copilotes en Allemagne (brut annuel)
Métrique | 2026 | vs 2025 |
|---|---|---|
Moyenne | ~72,000-76,000 | +7-9% |
Minimum | ~55,000-65,000 | +5-8% |
Maximum | ~168,000-171,000 | +4-6% |
Médiane | ~73,000-78,000 | +7-8% |
Les copilotes des compagnies traditionnelles gagnent entre 60 000 € et 171 000 € bruts, tandis que certaines filiales plus récentes proposent des salaires d’entrée autour de 55 000 € malgré une exploitation identique.

Cette différence constitue aujourd’hui l’un des principaux sujets de débat dans l’aviation allemande et explique pourquoi la moyenne du marché est inférieure à ce que les seuls chiffres des compagnies traditionnelles pourraient laisser penser.
Toutefois, le système fiscal progressif allemand réduit considérablement l’avantage brut observé par rapport à la France, par exemple. L’écart entre les deux niveaux contractuels devrait davantage se creuser que se réduire dans les années à venir.
Salaires des copilotes en Italie
L’Italie présente probablement le marché des copilotes le plus atypique d’Europe pour plusieurs raisons.
Tout d’abord, la compagnie nationale applique un accord collectif national qui aboutit à des niveaux de rémunération bruts inférieurs à ceux observés en France ou en Allemagne. Toutefois, la rémunération repose sur plusieurs composantes et le salaire de base ne représente qu’une partie du revenu total.
Par ailleurs, l’Italie est l’un des plus grands marchés low-cost d’Europe en termes de trafic passagers, ce qui influence fortement le salaire pilote de ligne dans le pays.
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Chiffres 2026 des salaires copilotes en Italie (brut annuel)
Métrique | 2026 | vs 2025 |
|---|---|---|
Moyenne | ~54,000-63,000 | +7-9% |
Minimum | ~30,000-38,000 | +5-8% |
Maximum | ~85,000-93,000 | +5-7% |
Médiane | ~51,000-59,000 | +7-9% |
L’Italie affiche les salaires bruts de copilotes les plus faibles parmi les quatre marchés étudiés.

Les salaires de base publiés par la compagnie nationale commencent entre 1 540 € et 1 660 € par mois. Après ajout des indemnités de vol et des per diem, un copilote débutant atteint généralement une rémunération annuelle brute comprise entre 28 000 € et 35 000 €, tandis qu’un copilote de niveau intermédiaire gagne entre 55 000 € et 60 000 €.
Les copilotes des compagnies low-cost basées en Italie, souvent employés sous des contrats enregistrés dans d’autres pays européens plutôt que sous le régime italien CCNL, perçoivent quant à eux entre 53 000 € et 85 000 € bruts selon leur ancienneté et leur volume d’activité.
Il convient toutefois de rester prudent dans les comparaisons internationales, car les données brutes disponibles pour l’Italie sont plus limitées que pour les autres marchés étudiés.
Salaires des copilotes en Espagne
Le marché aérien espagnol est fortement influencé par le tourisme. Le pays figure régulièrement parmi les trois destinations les plus visitées au monde et son secteur aérien s’est développé pour répondre à cette demande.
Chiffres 2026 des salaires copilotes en Espagne (brut annuel)
Métrique | 2026 | vs 2025 |
|---|---|---|
Moyenne | ~52,000-56,000 | +6-8% |
Minimum | ~35,000-40,000 | +5-7% |
Maximum | ~73,000-80,000 | +7-8% |
Médiane | ~51,000-57,000 | +6-8% |
L’Espagne est le marché le plus dominé par les compagnies low-cost parmi les quatre pays analysés, et les chiffres salariaux reflètent directement cette réalité.

Le sommet de l’échelle salariale des copilotes est le plus faible du panel étudié. Contrairement à la France ou à l’Allemagne, il n’existe pas de nombre significatif de postes long-courriers sur gros-porteurs au sein d’une compagnie traditionnelle permettant d’augmenter fortement les niveaux de rémunération.
Les postes d’entrée dans les compagnies traditionnelles ou appartenant à de grands groupes commencent autour de 35 000–40 000 € bruts, puis progressent avec l’ancienneté jusqu’à environ 73 000–80 000 € pour les copilotes les plus expérimentés.
Les compagnies low-cost appartenant à de grands groupes versent jusqu’à 60 000–64 000 € à leurs copilotes, tandis que les copilotes des low-cost indépendantes peuvent atteindre le haut de la fourchette grâce à des volumes de vol très élevés.
Combien gagnent les pilotes de ligne dans le reste du monde ?
En dehors de l’Europe, la situation est contrastée. Certaines régions consolident leur position parmi les marchés les plus attractifs pour les copilotes expérimentés, tandis que d’autres peinent encore à rattraper les standards internationaux.
Moyen-Orient
Les compagnies du Golfe restent la destination la plus attractive au monde sur le plan financier pour les pilotes expérimentés, et l’écart avec l’Europe s’est encore accentué en 2026.
Les copilotes des grandes compagnies des Émirats arabes unis et du Qatar gagnent entre 98 000 $ et 195 000 $ par an, entièrement exonérés d’impôt. Le package comprend généralement le logement, des allocations d’éducation généreuses et 42 jours de congés annuels.
L’absence d’imposition est un avantage majeur : un revenu de 180 000 € dans le Golfe équivaut souvent à plus de 250 000 € bruts chez une compagnie d’Europe occidentale après impôts.
La contrepartie réside dans l’obligation de résider sur place et dans un rythme d’exploitation long-courrier particulièrement soutenu.
États-Unis et Canada
Les États-Unis constituent le marché offrant le salaire pilote de ligne brut le plus élevé au monde à la suite des importants accords salariaux signés entre 2023 et 2024.
Les copilotes des grandes compagnies traditionnelles perçoivent entre 106 000 $ et 300 000 $ selon leur ancienneté et leur employeur.
Pour les pilotes européens, ce marché reste toutefois difficilement accessible en raison de l’exigence FAA de 1 500 heures pour l’ATP, de l’absence de sponsoring de visa et des importantes variations fiscales selon les États.
Au Canada, la structure est similaire mais les salaires bruts sont généralement inférieurs de 15 à 25 %.
Amérique latine
L’Amérique latine demeure l’une des régions les plus hétérogènes du monde.
Les plus grandes compagnies du Brésil, du Chili, de la Colombie et du Mexique rémunèrent leurs pilotes dans des monnaies qui se sont sensiblement dépréciées face au dollar et à l’euro au cours de la dernière décennie, ce qui complique les comparaisons directes.

Les copilotes débutants gagnent généralement entre 32 000 $ et 52 000 $ par an, tandis que les profils expérimentés peuvent atteindre entre 55 000 $ et 90 000 $ selon la compagnie aérienne et leur expérience.
Inde, Asie de l’Est et Asie du Sud-Est
L’Inde est aujourd’hui l’un des marchés aéronautiques connaissant la croissance la plus rapide au monde, portée par des expansions de flotte massives.
Les copilotes y gagnent actuellement entre 18 000 $ et 50 000 $ par an. Les salaires progressent rapidement, mais restent bien inférieurs aux standards internationaux, ce qui pousse de nombreux pilotes expérimentés à rejoindre les compagnies du Golfe.
En Asie de l’Est, les copilotes des grandes compagnies japonaises et coréennes gagnent entre 60 000 $ et 100 000 $ bruts par an. Toutefois, les systèmes fiscaux progressifs réduisent sensiblement le revenu disponible.
Les compagnies traditionnelles d’Asie du Sud-Est offrent généralement entre 50 000 $ et 90 000 $ selon la flotte et l’ancienneté. Les copilotes des compagnies low-cost se situent plutôt entre 24 000 $ et 50 000 $, ce qui encourage de nombreux pilotes expérimentés à rejoindre les marchés du Golfe ou de l’Europe dès qu’ils remplissent les conditions requises.
Conclusion
En 2026, les salaires des pilotes sont globalement plus élevés qu’il y a deux ans, même si cette évolution n’est pas uniforme selon les régions.
En Europe, les copilotes des compagnies traditionnelles ont été les principaux bénéficiaires des accords pluriannuels, tandis que les pilotes débutant dans les compagnies low-cost restent dans une catégorie de rémunération qui progresse moins rapidement.
Le Golfe demeure la destination la plus attractive financièrement pour les pilotes expérimentés prêts à s’expatrier, tandis que les États-Unis conservent les niveaux de rémunération bruts les plus élevés dans un marché largement inaccessible aux candidats étrangers.
Dans les autres régions du monde – Amérique latine, Inde ou Asie du Sud-Est –, l’écart entre les plafonds salariaux locaux et les opportunités internationales continue d’encourager la mobilité des pilotes expérimentés. Cette dynamique alimente à son tour les pénuries locales de pilotes et favorise une nouvelle hausse des salaires.
La tendance la plus claire observée dans tous les marchés est que le pouvoir de négociation est désormais davantage du côté des pilotes. Et rien n’indique que cette situation changera prochainement, tant que les départs à la retraite, l’expansion des flottes mondiales et les contraintes de formation continueront de maintenir une demande supérieure à l’offre de pilotes expérimentés.