Pourtant, avec l’expansion des flottes et l’automatisation croissante dans l’aviation européenne, un nouveau défi apparaît : un pilote peut réussir sa qualification de type, tout en montrant un manque de résilience opérationnelle lorsqu’il est confronté à l’imprévisibilité des opérations en ligne quelques semaines plus tard.
Selon Stian Skaar, Head of Training chez BAA Training, le problème réside dans la structure même de la formation:
« Un grand nombre de programmes de qualification de type en Europe restent axés sur le respect des exigences réglementaires, plutôt que sur le développement de compétences durables et dynamiques. »
Cette problématique devient d’autant plus urgente que l’industrie anticipe un besoin d’environ 57 000 nouveaux pilotes commerciaux en Europe au cours de la prochaine décennie. Dans ce contexte, les organismes de formation doivent adapter en permanence leurs programmes de qualification de type afin de former des pilotes immédiatement opérationnels, capables de répondre aux exigences des compagnies aériennes, où la qualité reste primordiale.
Cette évolution s’inscrit également dans les priorités de l’EASA, qui met l’accent sur la « compétence du personnel » dans son plan de sécurité aérienne, incitant l’industrie à se concentrer davantage sur la performance réelle que sur la simple validation finale.
Là où les programmes traditionnels de qualification de type montrent leurs limites
Les avions modernes, grâce à l’automatisation avancée (FMS et pilotes automatiques), permettent de réduire considérablement la charge de travail des pilotes. Cependant, cette évolution présente un risque : une dépendance accrue à la technologie et une diminution progressive des compétences fondamentales en pilotage manuel. Lorsque les systèmes fonctionnent comme prévu, les pilotes jouent principalement un rôle de gestionnaires. En revanche, en cas de défaillance ou de situation inattendue — un phénomène connu sous le nom d’« Automation Surprise » — certains peuvent avoir des difficultés à s’adapter rapidement et à reprendre le contrôle en tant qu’opérateurs.

Les recherches en matière de sécurité montrent que ce type de situation se produit fréquemment, parfois plusieurs fois par an pour un même pilote, mettant en évidence un écart significatif dans les compétences liées à l’interaction entre l’humain et l’automatisation lors de la formation initiale à la qualification de type.