Renouvellement EASA en Asie : le rôle des centres de formation | BAA Training
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Le manque de simulateurs qui complique les renouvellements EASA en Asie

Les pilotes ne cessent pas de se former une fois qu’ils commencent à voler : la formation récurrente se poursuit tout au long de leur carrière. C’est une pratique normale dans le secteur, mais elle pose un véritable problème aux pilotes européens travaillant pour des compagnies aériennes d’Asie du Sud-Est et d’Asie de l’Est.

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Cela concerne également les compagnies aériennes internationales opérant dans la région. Le problème est le suivant : leurs licences sont réglementées par l’EASA (Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne), et leur renouvellement depuis l’Asie n’est pas aussi simple.

Une pénurie croissante de pilotes face à un goulot d’étranglement pour les renouvellements

L’Asie du Sud-Est est l’une des régions les plus touchées par la pénurie mondiale de pilotes. Les compagnies aériennes développent leur flotte et ouvrent de nouvelles liaisons plus rapidement que les programmes de formation ne peuvent suivre. Selon les dernières estimations de Boeing, le secteur aura besoin de 66 000 nouveaux pilotes d’ici 2045. Cette situation pousse les compagnies aériennes à recruter des pilotes expérimentés en dehors de la région, explique Roberto Casarin, responsable adjoint de la formation chez BAA Training Vietnam, qui suit cette tendance depuis une dizaine d’années.

« De nombreux pilotes européens volent actuellement pour des compagnies aériennes asiatiques avec des licences délivrées par l’EASA. Mais la difficulté est la suivante : lorsque leur qualification doit être renouvelée, ils doivent actuellement retourner en Europe pour effectuer cette démarche. Cela représente un coût financier, ainsi qu’une perte de temps bien plus importante qu’elle ne devrait l’être. »

« De plus, la région compte très peu de simulateurs de vol complets agréés par l’EASA, ainsi que peu d’examinateurs certifiés par l’EASA habilités à effectuer ces renouvellements. Au Vietnam, par exemple, nous sommes le seul centre de formation indépendant à disposer d’un simulateur de vol complet Airbus A320 certifié par l’EASA et d’examinateurs certifiés par l’EASA. Les seuls autres pays de la région à disposer de ces capacités sont la Thaïlande et Singapour. »

Une région divisée entre différentes normes réglementaires

Un autre élément vient complexifier la situation. Certaines autorités de l’aviation civile, notamment à Taïwan et à Hong Kong, ne reconnaissent que les équipements et les programmes certifiés par l’EASA.

« On nous demande effectivement de manière très précise si nos programmes et nos dispositifs sont certifiés par l’EASA », souligne Casarin. « Sans cette certification, certains de ces pilotes n’auraient tout simplement pas pu suivre la formation dont ils avaient besoin. Ces demandes et ces situations donnent déjà une indication très claire de la réalité dans la région. C’est pourquoi nous investissons continuellement afin d’introduire les normes de l’EASA en Asie du Sud-Est. »

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Cette situation s’explique en partie par la fragmentation de la supervision de l’aviation dans la région. Chaque pays dispose d’une autorité de l’aviation civile qui détermine indépendamment la norme réglementaire à appliquer, et nombre d’entre eux choisissent de suivre les standards de l’EASA. Ceux-ci sont considérés comme faisant partie des systèmes les plus rigoureux et les plus élaborés.

Ce choix détermine ensuite les programmes de formation et les dispositifs de simulation que les compagnies aériennes du pays sont tenues d’utiliser, explique Casarin.

Les centres de formation locaux comblent le manque

À court terme, Casarin ne s’attend pas à voir de nouveaux simulateurs agréés par l’EASA apparaître dans la région. L’obtention de cette certification représente un investissement important, difficile à rentabiliser pour les centres de formation qui dépendent d’une seule compagnie aérienne ou disposent d’un nombre limité de clients.

« Obtenir la certification EASA est coûteux, exigeant et long : il faut généralement compter entre six mois et un an. De plus, la certification d’un dispositif situé en dehors d’un pays réglementé par l’EASA implique des contrôles supplémentaires. Dans un pays comme le Vietnam, la procédure exige une grande rigueur. Ce n’est pas une démarche à la portée de tous et elle ne se fait pas rapidement. »

Pour les pilotes européens basés en Asie du Sud-Est, devoir rentrer en Europe pour chaque renouvellement de licence représente une perte de temps et un coût financier importants. Les centres de formation locaux certifiés par l’EASA permettent de résoudre ce problème, sans nécessiter de longs déplacements internationaux.

Pour les compagnies aériennes de la région qui ne disposent pas des ressources nécessaires pour développer ces capacités en interne, les centres de formation indépendants jouent ainsi un rôle essentiel en comblant ce manque.

Auteur : Karolina Zilenaite

With the background in journalistic writing, Karolina has years of content creation experience under her belt. Tackling all manner of topics across the aviation industry, she aims to bring interesting perspective and spark curiosity.

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