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Une journée dans la vie d’un pilote de ligne

Le métier de pilote de ligne fait souvent rêver. On pense aux uniformes élégants, aux destinations à l’autre bout du monde et aux paysages spectaculaires qui se dessinent au-dessus des nuages.

Contenu

Dans cet article

  • À quoi ressemble une journée type de pilote de ligne, des préparatifs à domicile jusqu’aux dernières procédures effectuées après l’arrivée à l’aéroport.

  • Ce qui se passe réellement dans le cockpit pendant le décollage, la croisière et l’atterrissage, à travers l’expérience d’un copilote sur A320.

  • Comment les pilotes gèrent leur repos, leur alimentation, les turbulences, les communications avec le contrôle aérien et l’utilisation du pilote automatique au quotidien.

Si tous ces aspects font effectivement partie du métier, ils ne doivent pas faire oublier les importantes responsabilités qui incombent aux pilotes à chaque vol.

Rida Rais, copilote sur A320 chez Avion Express, effectue régulièrement ses contrôles de compétences LPC/OPC chez BAA Training. Il a accepté de nous faire découvrir son quotidien de pilote de ligne, en revenant sur les différentes étapes d’une journée de travail et en partageant son expérience des réalités du métier.

Le quotidien d’un pilote de ligne

Certaines journées sont relativement calmes, tandis que d’autres sont beaucoup plus intenses. Mais quel que soit le rythme, le déroulement d’une journée type reste assez similaire. Lorsqu’ils sont programmés sur un vol, les pilotes commencent à se préparer plusieurs heures avant le départ. Ils se rendent ensuite à l’aéroport, participent à un briefing avec les autres membres de l’équipage, effectuent leur vol, puis réalisent les vérifications et procédures obligatoires après l’atterrissage. Une fois rentrés chez eux, ils peuvent profiter de leur temps libre pour retrouver leurs proches ou pratiquer leurs loisirs, avant de prendre un repos bien mérité.

Voyons maintenant plus en détail chacune de ces étapes pour mieux comprendre les réalités du métier.

Une journee d'un pilote de ligne

Le repos

Un sommeil suffisant et de qualité est essentiel pour permettre aux pilotes de rester concentrés et vigilants. Ils doivent être capables de prendre les bonnes décisions à tout moment pour garantir la sécurité des passagers et de l’équipage. Le manque de sommeil n’est donc pas une option.

“Après un vol, je prends une douche, je mange et je me détends chez moi”, explique Rida Rais. “En général, je dors environ huit heures par nuit, parfois un peu moins lorsque je commence très tôt le matin et davantage pendant mes jours de repos. Je veille à avoir une alimentation saine et équilibrée, riche en vitamines. Je fais également du sport trois à quatre fois par semaine, notamment de la course à pied et d’autres exercices pour rester en forme.”

Même avec une bonne hygiène de vie, les pilotes ne sont évidemment pas à l’abri d’une maladie ou d'un problème de santé qui les empêche de voler temporairement. Dans ce cas, ils doivent prévenir le service chargé de la planification des équipages afin de signaler leur indisponibilité. La compagnie peut alors faire appel à un pilote de réserve (standby), qui doit être en mesure de rejoindre l’aéroport dans les 60 minutes suivant son appel.

Ces pilotes peuvent également être sollicités à la dernière minute pour effectuer un vol de convoyage, par exemple lorsqu’un avion doit être transféré d’un aéroport à un autre, ou pour remplacer un collègue malade. Toutefois, selon l’expérience de Rida, les pilotes de réserve ne sont finalement pas appelés dans environ 90 % des cas.

La préparation personnelle

Une bonne préparation fait partie des responsabilités essentielles d’un pilote. Elle lui permet d’anticiper les éventuelles difficultés et de réunir toutes les conditions nécessaires au bon déroulement du vol.

“Je commence à préparer mon vol généralement quelques heures avant de quitter mon domicile. La compagnie met à notre disposition un iPad qui nous permet d’accéder à toutes les informations nécessaires. Nous commençons par télécharger nos plans de vol, qui sont généralement disponibles trois heures avant le départ.”

“Nous vérifions notamment le nombre de passagers, le chargement des bagages, la masse de l’appareil et la quantité de carburant nécessaire pour rejoindre notre destination. Nous consultons également les prévisions météorologiques des aéroports de départ, d’arrivée et de dégagement, vérifions l’état de l’appareil et calculons ses performances au décollage et à l’atterrissage”, explique Rida Rais.

Le trajet jusqu’à l’aéroport

Les pilotes doivent généralement se présenter à l’aéroport 70 minutes avant l’heure de départ prévue afin de retrouver les autres membres de l’équipage pour le briefing. Cet horaire peut toutefois varier légèrement selon la base d’affectation et la compagnie aérienne.

Certains pilotes se rendent à l’aéroport avec leur véhicule personnel, tandis que d’autres privilégient les transports en commun, le train, le bus ou le taxi. Les compagnies aériennes peuvent également organiser leur transport ou prendre en charge certains frais de déplacement, notamment lorsque les pilotes doivent parcourir de longues distances.

La préparation avant le vol

Une fois à l’aéroport, les préparatifs du vol commencent véritablement.

Comme l’explique Rida, les pilotes retrouvent les autres membres de l’équipage dans la salle de briefing et font connaissance si nécessaire. Le commandant de bord et le copilote passent ensuite en revue tous les éléments du vol : plan de vol, conditions météorologiques, NOTAM, durée prévue, performances de l’appareil, consommation de carburant et autres informations essentielles.

Ils transmettent ensuite les informations nécessaires au personnel de cabine, notamment la durée du vol, le nombre de passagers, les conditions météorologiques et l’itinéraire prévu. Ils rappellent également les consignes à suivre en situation normale ou en cas d'événement inhabituel.

Une fois à bord de l’appareil, les tâches sont réparties selon le pilote chargé des commandes pour cette étape du vol. Le pilote aux commandes (Pilot Flying, PF) effectue les vérifications préalables dans le cockpit, tandis que l’autre pilote (Pilot Monitoring, PM) réalise l’inspection extérieure de l’appareil et consigne les informations nécessaires sur l’iPad fourni par la compagnie.

Un pilote de ligne souriant, en costume et cravate, marchant à proximité d’un avion

Le vol

Nous arrivons maintenant à la partie la plus intéressante : le vol lui-même. Si les passagers sont en contact avec le personnel de cabine tout au long du trajet, ce qui se passe dans le cockpit reste généralement un mystère pour eux. Ils connaissent rarement les procédures et les différentes opérations réalisées par les pilotes pendant le vol. Nous avons donc demandé à Rida de nous en dire un peu plus.

Q : Quelle est la phase du vol la plus difficile et pourquoi ?

“Le décollage et l’atterrissage sont les phases les plus délicates, car ils exigent une concentration maximale. Nous devons piloter l’appareil, surveiller tous les paramètres des moteurs et être prêts à réagir immédiatement en cas d’imprévu.” 

“À ces difficultés habituelles peuvent s’ajouter d’autres facteurs, comme des vents violents, des pistes courtes ou des conditions météorologiques défavorables. Par exemple, lors d’un atterrissage par fort vent de travers, il peut être particulièrement difficile de maintenir l’appareil sur sa trajectoire d’approche.”

Q : Est-il toujours facile de comprendre les instructions du contrôle aérien ?

“Les communications avec le contrôle aérien (ATC) reposent sur une phraséologie standardisée. Nous écoutons attentivement les instructions et les vérifions pour nous assurer de les avoir bien comprises. En cas de doute, nous pouvons toujours demander une confirmation.”

“Les échanges avec les contrôleurs aériens sont généralement bien structurés, même si certaines situations peuvent être plus complexes. Grâce à notre formation, à notre vigilance et à nos compétences en communication, nous pouvons maintenir des échanges clairs et efficaces, essentiels à la sécurité des vols.”

Q : À quelle fréquence utilisez-vous le pilote automatique ?

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“Nous utilisons le pilote automatique pendant la majeure partie du vol, principalement pour réduire notre charge de travail. Il nous permet de surveiller le déroulement du vol, de communiquer avec le contrôle aérien et d'effectuer d'autres tâches essentielles sans compromettre la sécurité.”

“Nous pilotons l'appareil manuellement généralement pendant les 5 à 10 premières minutes et les 5 à 10 dernières minutes du vol, soit 20 minutes au maximum. Le reste du temps, le pilote automatique est activé.”

Q : À quel moment prenez-vous généralement vos repas ?

“Nous mangeons habituellement pendant la phase de croisière, lorsque l'avion évolue à une altitude et à une vitesse relativement constantes, en vol rectiligne et en palier.”

“Il faut savoir que les deux pilotes ne mangent pas en même temps et qu'ils prennent des repas différents. Si nous consommions le même plat et étions tous les deux victimes d'une intoxication alimentaire, nous pourrions nous retrouver dans l'incapacité d'assurer correctement nos fonctions, ce qui mettrait en danger la sécurité du vol.”

Q : En quoi consiste une opération “Captain only” ?

“Une opération Captain only désigne une situation dans laquelle le commandant de bord est seul chargé d'effectuer le décollage ou l'atterrissage.”

“Cette procédure peut s'appliquer lorsque la visibilité est très réduite, par exemple en cas de brouillard ou de conditions météorologiques défavorables. Elle peut également être requise dans certains aéroports de catégorie C (Class Charlie), dont les caractéristiques particulières imposent des précautions supplémentaires et des compétences spécifiques pour le décollage et l'atterrissage. C'est notamment le cas de l'aéroport de Madère, au Portugal, de celui de Tivat, au Monténégro, ou encore de Skiathos, en Grèce.”

“La formation spécifique à ces opérations comprend une partie théorique au sol, des séances sur simulateur de vol complet et une formation en ligne.”

Q : Les turbulences sont-elles difficiles à gérer ? Augmentent-elles la charge de travail des pilotes ?

“Les turbulences peuvent représenter une difficulté supplémentaire. On distingue généralement trois niveaux d'intensité : légère, modérée et forte. Les équipages peuvent souvent anticiper leur apparition grâce aux cartes météorologiques et aux radars météo dont sont équipés les avions modernes.”

“En cas de turbulences modérées ou fortes, notre charge de travail peut augmenter. Nous pouvons alors décider de modifier notre trajectoire, de changer d'altitude pour trouver une zone où l'air est plus stable ou de réduire notre vitesse afin d'améliorer le confort des passagers.”

Pilote d'Avion Express

Q : Les collisions avec des oiseaux sont-elles fréquentes ? Quelles mesures permettent de les éviter ?

“Les collisions aviaires sont relativement fréquentes. Pour limiter ce risque, certains aéroports installent des dispositifs, tels que les ultrasons, destinés à éloigner les oiseaux des trajectoires des avions et à éviter d'éventuels dommages aux moteurs. Les pilotes doivent également redoubler de vigilance, notamment en réduisant leur vitesse dans les zones où la présence d'oiseaux est importante.”

Q : Les pilotes peuvent-ils discuter librement entre eux pendant le vol ?

“Les conversations sans rapport avec le vol sont interdites pendant la montée jusqu'à 10 000 pieds, ainsi que pendant la descente à partir de cette altitude avant l'atterrissage. En revanche, pendant la croisière, en particulier sur les vols longs, les pilotes peuvent bien sûr discuter de sujets plus personnels.”

Q : Avez-vous le droit de vous reposer dans le cockpit ?

“Les pilotes peuvent prendre de courtes périodes de repos contrôlé dans le cockpit. Cette procédure permet à l'un des pilotes de se reposer pendant 40 minutes au maximum, tandis que l'autre reste vigilant, avec sa ceinture attachée et son casque sur les oreilles, prêt à intervenir si nécessaire. Le chef de cabine doit également être informé lorsqu'un pilote prend une période de repos.”

Q : Quel est le plus grand nombre de vols que vous avez effectués en une seule journée ?

“Il m'est arrivé d'effectuer six étapes de vol dans la même journée, chacune durant seulement 40 à 50 minutes. Ces vols sont programmés dans le respect des limites réglementaires applicables au temps de service des pilotes. Entre chaque étape, nous disposions d'environ 30 minutes d'escale pour effectuer les préparatifs nécessaires avant le vol suivant.”

Cockpit d'un avion de ligne de nuit

Les procédures après le vol

Une fois le vol terminé, les pilotes doivent encore effectuer plusieurs procédures obligatoires.

À l'aide de l'iPad fourni par leur compagnie, ils consignent les informations relatives au vol, notamment la quantité de carburant restante et l'heure d'atterrissage. Après avoir rejoint leur poste de stationnement, ils arrêtent les systèmes de l'appareil, effectuent les dernières vérifications extérieures et contrôlent une dernière fois la cabine avant de quitter l'avion. Si ces opérations peuvent sembler nombreuses, elles sont parfaitement organisées et ne prennent généralement que 5 à 10 minutes. Les pilotes participent ensuite à un court débriefing avec les autres membres de l'équipage avant de pouvoir rentrer chez eux.

Le retour à domicile

Une fois leur service terminé, les pilotes entament la dernière étape de leur journée de travail : le trajet du retour. Certains préfèrent utiliser leur véhicule personnel, mais il est essentiel d'évaluer le niveau de fatigue avant de prendre le volant, en particulier après un vol long-courrier ou une journée particulièrement éprouvante. S'ils se sentent trop fatigués, mieux vaut privilégier un autre moyen de transport ou prendre le temps de se reposer avant de conduire.

Vie personnelle et repos

Trouver le bon équilibre entre vie personnelle et récupération est essentiel pour rester en bonne santé et s'épanouir au quotidien. Si le repos occupe une place importante dans la vie des pilotes, cela ne signifie pas pour autant qu'ils doivent renoncer à leurs loisirs ou à leurs relations sociales. Comme Rida, beaucoup parviennent à concilier ces différents aspects de leur vie.

“Pendant mon temps libre, en plus de veiller à me reposer suffisamment, je consacre bien sûr du temps à ma famille, à mes loisirs, à mes amis et à mes autres centres d'intérêt. C'est surtout pendant la haute saison que cela devient plus compliqué. Les plannings de vol sont alors très chargés et il ne reste parfois guère de temps pour autre chose que récupérer.”

À retenir

Comme vous l'aurez compris, le métier de pilote de ligne exige une grande capacité de concentration et beaucoup de sang-froid. Les pilotes doivent être prêts à intervenir rapidement lorsqu'ils sont de réserve, à appliquer les procédures d'urgence en vol, à faire face à des conditions météorologiques difficiles et à gérer bien d'autres situations. Ils sont responsables de la sécurité de toutes les personnes à bord, une responsabilité dont les passagers mesurent l'importance, même s'ils ne connaissent pas toujours toutes les procédures mises en œuvre pour assurer leur sécurité.

Le témoignage de Rida permet de mieux comprendre le quotidien d'un pilote de ligne. Si chaque pilote possède sa propre expérience, les situations qu'il décrit reflètent, à des degrés divers, les réalités du métier. Si cet article vous a donné envie de prendre un jour les commandes d'un avion, n'hésitez pas à contacter BAA Training pour en savoir plus sur nos formations ! De nombreuses compagnies aériennes recherchent actuellement de nouveaux pilotes. Alors, pourquoi attendre pour vous lancer dans une carrière aéronautique ?

Auteur : Morgan Dambrieres

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